Bienveillance avec les autres

Comment être bienveillant avec les autres – La méthode Pleine Présence

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Tendre la main

En discutant avec ma bienveillante amie du Québec Louise Vallée, elle m’a fait part d’un concept fort intéressant !  En anglais cela s’appelle « To hold space for someone« .  La traduction française serait littéralement « maintenir de l’espace pour quelqu’un« , à savoir être présent.  Je ne doute pas que ce concept existe aussi en langue française mais je n’ai pas réussi à le trouver sur le net…

Dans les quelques articles trouvés, il semblerait que cela s’oriente plus vers l’accompagnement des personnes en fin de vie, mais pour moi, cela veut dire simplement être présent, être là,  pour possiblement accueillir la souffrance ou l’état émotionnel de quelqu’un sans jugements, sans paroles, sans attentes,  juste en étant là et en étant totalement disponible, pour inviter l’autre à se déposer dans cet espace. En discutant plus en détail avec Louise nous sommes arrivés à la conclusion que ce concept puisse être de la pleine conscience, associée à de la Bienveillance.

Ce concept me ramène à étrangement à mon passé, où j’étais écoutant bénévole pour une association bien connue d’aide au téléphone. Dans cette association on m’avait formé à l’écoute non directive (ou écoute active), selon Carl Rogers. Pour résumer, il s’agit d’une écoute que je qualifierai de complète, puisqu’elle est sans jugements, sans interférences de l’écoutant, ce qui demande un apprentissage certain, car souvent quand on vient nous demander de l’aide, la première chose que l’on propose naturellement, ce sont des solutions ou des pistes de solutions provenant de NOTRE expérience. Dans ce cadre il est convenu de laisser toute la place à la personne qui appelle et à sa souffrance. Ici aucune solution extérieure ne doit être proposée, juste une invitation à développer une solution intérieure ! Les enseignements reçus font que l’écoutant apprend à être disponible à l’autre et surtout aider davantage la personne qui appelle à exprimer sa souffrance. Cela demande de la présence, de l’empathie et de la reformulation, pour permettre de valider que nous sommes au même endroit sur le chemin de la personne qui appelle.

 

Personnellement, j’ai complètement adhéré à ce concept où, effectivement, on est à côté de la personne sur SON chemin, sauf qu’il y a le téléphone entre nous. Mais force est de constater que cela marche, si l’on arrive à faire parler la personne de sa souffrance, un peu voire beaucoup. Mon expérience d’écoutant bénévole m’a permis de voir que la souffrance est omniprésente dans nos vies et qu’elle se manifeste vraiment sous toutes ses formes. Je comprends avec beaucoup d’exemples l’expression « se noyer dans un verre d’eau », « la goutte qui fait déborder le vase »… En un mot, il ne faut pas forcement beaucoup pour se sentir mal, et souvent il suffit d’un petit rien pour basculer d’un état de confort relatif à un état de souffrance

Je pense que toute souffrance exprimée permet d’entamer un chemin sur sa guérison… Le concept « To hold space for someone » ou Pleine Présence est pour moi une complémentarité de cet enseignement. C’est à dire, être présent, ne pas interférer avec ses idées, ne pas juger, ne pas critiquer, être disponible tout en parlant le moins possible, en favorisant l’écoute et que l’espace soit disponible à l’autre pour ses pensées, ses émotions… Ce que j’aime beaucoup dans ces deux méthodes est qu’il s’agit de solutions intérieures et cela rejoint la Bienveillance avec soi, où l’on est confronté avec ses souffrances, ses peurs, ses doutes, ses incertitudes et toutes nos constructions bancales que les evenements de la vie nous fait créer un moment ou à un autre. Le fait de l’exprimer verbalement dans le cadre d’une conversation téléphonique ou physiquement aide la personne à  avancer sur SON chemin pour trouver SA solution

 

Je pense que cette présence n’est pas réservée exclusivement à des animateurs ou des infirmier(e)s de soins palliatifs, ou à une quelconque profession médicale ou d’aide à la personne mais que nous sommes tous capables  de l’exercer ! Oui, il faut être clair en soi, bienveillant avec soi-même, sans interférences avec son égo, avec suffisamment de confiance en soi pour accepter ce qui arrive à l’autre personne sans être affecté soi-même… C’est une pratique qui s’améliore avec l’expérience et qui mérite à être développée, car elle apporte un enrichissement personnel.

Je suis prêt à le pratiquer avec quiconque en ressentira le besoin ou l’envie et toi ? Si tu l’as expérimenté ou si, au contraire, tu penses qu’il te manque quelque chose,  n’hésite pas à le témoigner en commentaires…

A propos de Stephane V

Auteur, conférencier, formateur, consultant sur comment réintroduire de la bienveillance avec soi, avec les autres dans les structures pour vivre dans un monde meilleur.

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